Le jardin de bouche, support de projet territorial ?
Paris Magali  1, *@  
1 : UMR Ambiances, Equipe CRESSON, École Nationale Supérieure d'Architecture de Grenoble  (UMR Ambiances, Equipe CRESSON, École Nationale Supérieure d'Architecture de Grenoble)  -  Site web
UMR Ambiances, Equipe CRESSON, École Nationale Supérieure d'Architecture de Grenoble (ENSAG)
* : Auteur correspondant

Créés et entretenus par des jardiniers amateurs, les jardins ordinaires sont les vecteurs d'un développement urbain porteur d'un mieux-vivre et en particulier ensemble. Alors qu'ils sont à l'épreuve de l'entre-soi , tiraillés entre volontés individuelles et collectives, fragiles et éphémères face aux dynamiques urbaines, c'est au sein de ces jardins ordinaires que se jouent des questions de cohabitation (entre public et privé, entre individus, entre homme et nature) et qu'émergent souvent d'heureuses conciliations. Depuis dix années, nous travaillons cette thèse à partir de travaux de recherche sur les jardins situés en prolongement de l'habitat et sur les jardins familiaux et partagés, en milieux urbains denses et en franges de ville, territoires fragilisés par l'urbanisme contemporain.
La dimension nourricière de ces jardins ordinaires est prégnante et s'exprime à des échelles différentes : des aromates sur rebord de fenêtre à la place de l'agriculture urbaine dans le dessin urbanistique et écologique , en passant par les collectifs de jardins à vocation potagère. Ces jardins de bouche mettent en jeu une économie domestique mais aussi de proximité et solidaire, une pédagogie de l'environnement et de l'alimentation, les rapports -ludique, hédoniste et éco-citoyen- que l'on entretient avec la nature et une nouvelle esthétique de paysagement de la ville.
En contexte de territoires humainement et écologiquement fragilisés, ces jardins nourriciers offrent des promesses de résilience tout autant qu'ils interrogent sur les risques sanitaires et les inégalités environnementales dont ils sont les supports. Pour qu'ils deviennent de véritables vecteurs de développement urbain, les atouts et les faiblesses de ces jardins sont à questionner aux échelles microlocale et de l'individu et de sa famille, du quartier et du groupe social, de la ville et des politiques urbaines et à l'articulation de ces échelles. Réflexions pluri-scalaires et inter-scalaires à mener au prisme de critères disciplinaires croisant perception, vivre-ensemble et santé. C'est ce que nous proposerons en prenant appuis sur les résultats de nos travaux de recherche passés et en cours.



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